La Périostite Tibiale

La Périostite Tibiale

La périostite

Une périostite, de quoi s’agit-il ? Les os sont recouverts d’une membrane richement innervée et vascularisée, appelée périoste, sur laquelle viennent s’insérer ligaments et tendons ; la périostite est l’inflammation de cette membrane.

 

La « périostite tibiale » relève de phénomènes de souffrance du périoste et des structures aponévrotiques qui s'insèrent sur le tibia ; qui peuvent avoir comme origine un choc direct sur la diaphyse tibiale ou une répétition de microtraumatismes entraînant une fragilisation des aponévroses musculaires sur leurs insertions tibiales, créée par une mauvaise diffusion des nombreuses ondes de choc générées à chaque foulée.

 

Cette pathologie est l’une des étiologies les plus courantes des douleurs aux jambes chez les sportifs, notamment les coureurs, les volleyeurs, les basketteurs, et les danseurs.

Examen clinique

À l’examen clinique, le praticien est face à un patient qui se plaint de douleurs mécaniques, à la course ou au moment des sauts, le plus souvent au niveau du rebord interne du tiers médian du tibia et sur quelques centimètres (contrairement à la fracture de fatigue, beaucoup plus localisée au niveau du tibia) ; jusqu’à l’apparition de douleurs qui peuvent survenir même pendant la marche et au repos, selon le stade de l’inflammation.

Une radiographie ou une scintigraphie osseuse pourront éventuellement être réalisées, pour différencier de la fracture de fatigue.

 

Facteurs favorisant la périostite tibiale

 - Un mauvais matériel : une chaussure non adaptée au pied du sportif, ainsi qu’une pratique sur des surfaces de terrains durs augmente les risques de périostite.


 - La qualité de la foulée.

 - Une mauvaise hydratation.

 - Une insuffisance du retour veineux : une circulation veineuse défaillante est un facteur pouvant favoriser l’apparition d’une périostite. Dans ce cas, on peut conseiller au patient le port de chaussettes ou manchons de compression pour la pratique sportive.

 - Un sommeil de mauvaise qualité.

 - Un surpoids.

 - Une infection à distance.

 

Prise en charge kinésithérapique

La durée de récupération peut se situer entre 3 et 6 semaines, selon le niveau d’atteinte.

 

Les deux premières semaines

 - Repos : arrêt de l’activité sportive.onde de choc


 - Electrothérapie : utilisation notamment du Gate control, dans un but antalgique.

 - Ondes de choc : elles permettent une action défibrosante des tissus et une hypervascularisation ; qui vont favoriser une augmentation du métabolisme local, pour une meilleure cicatrisation.

 - Cryothérapie locale à visée anti-inflammatoire et antalgique d’environ 20 à 30 minutes.

 - Massage transverse profond (MTP) de Cyriax.

 - Massage profond avec une crème de massage neutre des différentes loges musculaires contracturées en fonction du siège de la périostite.

 - K-Taping® afin de soulager les tractions musculaires exercées sur le périoste.

 - Étirements passifs doux des muscles hypertoniques.

À partir de la troisième semaine

 

On rajoutera au travail précédent :

 - Renforcement progressif des muscles hypotoniques.

 - Etirements en charge par exemple en posture de chevalier servant.

 

étirements

 

De la quatrième à la sixième semaine

 

 - Travail proprioceptif : travail des appuis antérieurs sur différents types de plans.

 - Sous réserve de la disparition des douleurs à la marche, on introduit la course sur trampoline, le footing sur sol mou, les sauts à pieds joints, la corde à sauter… jusqu’à la reprise d’une activité sportive sans douleur.

Conclusion

En dehors de cette prise en charge kinésithérapique, il sera très important d’accompagner le patient sportif de manière globale :

 - L’orienter vers un podologue (qui envisagera une correction avec des semelles absorbantes, ou des talonnettes de silicone…).

 - Le conseiller concernant son programme de reprise d’entraînement (de préférence sur un sol plutôt souple).

 - Lui rappeler les bonnes règles d’hygiène de vie au niveau nutritionnel, au niveau hydratation, et qualité de sommeil.


 - Le sensibiliser sur l’importance d’un bon échauffement avant l’effort et d’une bonne séance d’étirements après l’effort.